Quand j’ai lu pour la première fois « Chat GPT », j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de la transcription d’un texto prévenant un animal de compagnie de l’arrivée de flatulences.

Fort heureusement, les nombreuses chroniques écrites, radio et télé à ce sujet m’ont rapidement permis d’en comprendre le sens avec la bonne prononciation : « Tchatte  Dji Pi Ti".

Une intelligence artificielle générale utilisant un « agent conversationnel ».

Aussitôt l’emballement s’est généralisé, prédisant le nombre et le type des emplois qui vont disparaître avec l’utilisation de cet outil, avec des prédictions plus fantaisistes les unes que les autres

Quelques tests que j’ai consulté m’incitent à penser que c’est surtout un type d’emploi bien particulier qui peut se voir menacé : les politiques, managers et autres dirigeants.

En effet, parmi les travers de Chat GPT, se trouvent des traits caractéristiques de ces catégories:

- La capacité à s’arranger avec la réalité et inventer si nécessaire (1)
- La faculté de tricher (2)
- Eviter toute responsabilité

Nous verrons donc, mais l’emballement s’est déjà tassé, d’autant que les IA s’entrainent de plus en plus avec des contenus qu’elles ont générés, les rendant de moins en moins pertinentes.

Gardons à l’esprit que toutes les I.A. génératives ne font que régurgiter les données qu’elles ont ingérées et ne sont donc que d’énormes systèmes digestifs. 

Chacun sait ce qu’il peut en sortir.

Malgré ce que ce titre pourrait laisser supposer, je ne vais pas parler les précipitations anormales de ces derniers jours, mais de la flotte d’avions commerciaux.

D’après Airbus (1), la flotte mondiale devrait doubler d’ici 20 ans, ce qui est en totale contradiction avec un étude réalisée par le Shift Project et Supaéro (2), et semble totalement irréaliste.

J’invite les doux-rêveurs qui s’imaginent encore que nous allons faire une « transition écologique » ou « transition énergétique » qui nous permettra ce miracle sans rien changer à notre mode de vie à s’informer auprès de gens qui me semblent autrement plus pertinents.

Parmi ceux qui m’ont aidé à me forger une opinion, il y a Aurore Stéphant (3) , Jean-Baptiste Fressoz (4), ainsi que le rapport du Shift Project sur l’avenir de l’approvisionnement en pétrole (5).

Ceux qui auraient encore un peu d’espoir que « tout marche comme prévu » après avoir vu ces interventions pourront aller regarder la conférence du très officiel BRGM sur les ressources nécessaires à la « transition » (6).


Personnellement je m’en fous, je ne prends pas souvent l’avion, et n’ai aucune certitude quand à ma présence sur cette planète dans 20 ans, mais j’aimerai quand y être, juste pour voir qui avait raison.


(1) https://www.ladepeche.fr/2023/06/14/airbus-predit-un-doublement-de-la-flotte-mondiale-davions-dici-20-ans-11261967.php

(2) https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2021/03/Pouvoir-voler-en-2050_Shift-Project_Synthese.pdf

(3) https://youtu.be/i8RMX8ODWQs

(4) https://youtu.be/mMQwdUxF_bQ

(5) https://youtu.be/FlJ14aOfS3s

(6) https://youtu.be/iMDmtxPLd1Q

En ce début d’année, qui après le Covid, puis la guerre en Ukraine, ne manquera sûrement pas d’apporter son lot de désagréables surprises, il est temps de prendre une bonne résolution, et, pour ma part, j’ai même décidé de prendre une meilleure résolution.

J’avais depuis 2015 une résolution de 2560 par 1600, répartie sur 13 pouces, j’ai décidé cette année de passer à 3024 par 1964.

Ce bon en avant passera par l’ajout d’un pouce, passant ainsi à 14, et me permettant de me les tourner plus facilement.

Mais après réflexion, je mieux étant l’ennemi du bien, et faire le bien ne m’ayant jamais réussi, je vais finalement me tourner vers un modèle doté d’une résolution de 3456 par 2234 sur 16 pouces.

C’est arrivé pas plus tard que l’autre jour au cours d’une réunion qui sans ça aurait été anodine.

Il y avait notre responsable d’équipe et mes collègues.

Lorsqu’il a été question d’un projet lié au nôtre qui n’avance pas, le responsable d’équipe a insisté sur le fait que l’un des intervenants du dit projet ne semble pas très impliqué, et semble s’ennuyer durant les réunions que nous avons avec lui.

J’ai défendu l’intéressé en disant que ce n’est peut-être qu’une impression, bien mal m’en a pris.

Le responsable a cru bon préciser :  «  non mais là, c’est grave ! Toi par exemple, t’es déjà pas très vif, et bien lui c’est encore pire ».

Pas très vif, soit en clair un peu trop mou et un peu trop con. Je n’ai pas de regrets à avoir : c’est effectivement le niveau actuel de ma prestation.

Mais il faut tenir compte de son indexation à mon salaire quasi-immuable depuis 10 ans, comme en plus maintenant l’inflation s’en mêle, je peux difficilement faire des prouesses à ce tarif.

Et puis je m'en fous, la mission est bientôt finie.

Un essai vient d’avoir lieu : un A380 a volé pendant 3 heures avec de l’huile de friture (1). 

Serait-ce un espoir de sauver cette industrie à l’avenir incertain ?

Il suffit de regarder les chiffres:

La production mondiale d’oléagineux prévue était d’environ 500 millions de tonnes pour 2019 (2) .

La consommation mondiale de kérosène était d’environ 600 millions de tonnes en 2020.

La conclusion est simple : à moins de priver la planète de frites, de mayonnaise et de vinaigrette, il ne sera pas possible de faire voler plus que quelques prototypes avec de l’huile alimentaire, et c’est tant mieux (quoique l’odeur de carburant brûlé doit être un peu meilleure qu’avec du kérosène).

Plutôt que de faire des expériences dont le seul but est de faire le « buzz », les industriels seraient bien inspirés de lire cette étude du Shift Project (3) faite avec Supaéro dont je vous livre la conclusion:

« Nos travaux montrent à la fois par rapport à la croissance historique pré-covid et par rapport aux prévisions du secteur que respecter le budget carbone nécessite de conjuguer deux leviers : le progrès des technologies décarbonantes et l’ajustement du trafic aérien au rythme de leurs déploiements. »

En clair, sans baisse du trafic, pas de solution. 

Pour mémoire, le traffic aérien génère mondialement autant d’émissions que les camions ou les bateau, qui eux sont nécessaires à la notre approvisionnement en produits de base.


(1) https://www.geo.fr/environnement/airbus-un-a380-vole-pour-la-premiere-fois-avec-de-lhuile-de-cuisson-209028

(2) http://www.fopoleopro.com/marche-mondial-des-oleagineux-juin-2018/

(3) https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2021/03/Pouvoir-voler-en-2050_Shift-Project_Synthese.pdf

ILIAD l'eau dans le gaz ! Tous SEB bruits de récession, SAFRAN le roussi ! Le bout de l'EUROTUNNEL est-il après le CARREFOUR ? NIKKEI le CAC40 ?

Il faudrait lire dans le ZODIAC ou être un MANITOU.

ALTEN un peu, ESSILOR montait encore ? AXA fait peur une TELEPERFORMANCE ! Un seuil MEETIC !

Ce serait LEGRAND CASINO, les guichets pris DASSAULT, un succès TOTAL, des bénéfices HI-MEDIA. Payés RUBIS sur l'ongle, les traders BOIRON du BOURBON.
SANOFI une belle jambe !

En attendant, IMERYS l'épiderme et me font SUEZ, pas un ALSTOM de bonne foi. ESSO autres de payer ? DEXIA une crise, ICADE tout pour eux, de quoi on EULER

D'ACCOR, HAVAS s'écrouler encore, ça AREVA chaque fois, FAURECIA attendre.

Mais il faut VALEO boulot, attaché à THALES, ERAMET pour s'en sortir.

Gardez votre NRJ : WENDEL vos actions, allez au CLUB MED, et tenez-vous PPR.

Depuis maintenant plusieurs mois, une liste de produits contenant du sésame traité à l’oxyde d’éthylène ne cesse de s’allonger (1).

Pour tenter de nous rassurer, il est dit sur le site de la DGCCRF  « Des investigations sont actuellement en cours en lien avec la Commission européenne pour identifier l’origine de cette contamination. »

Ça me rappelle l’histoire de l’huile de tournesol contaminée à l’huile moteur en 2008, pour laquelle on nous a dit qu’après tout, quelques grammes d’huile minérale ne sauraient nuire à la santé, même pas celle d’un enfant (2).

C’est au moins l’occasion de se rendre compte qu’il y a du sésame partout, qu’étrangement, la même contamination se retrouve dans des produits certifiés bio, et d’autres qui ne le sont pas.

C’est évidemment une marque d’attention des fabricants qui mettent du bio sans nous le dire, pour notre plaisir et notre santé.

J’ai lu dans un article que les industriels se sont défendus avec un argument si frappé au coin du bon sens qu’il m’a presque convaincu : s’ils n’ont pas testé la présence d’oxyde d’éthylène, c’est parce que celui-ci est interdit en Europe.

Quelle sincérité, quel pragmatisme, quelle efficacité, d’autres entreprises pourraient les prendre en exemple:
- Plus de vigile dans les supermarchés puisqu’il est interdit de voler
- Plus de coffres forts dans les banques puisqu’il est interdit de les braquer

Les services de l’état devraient aussi en prendre le la graine afin de réaliser de très substantielles économies:
- Suppression de tous les radars puisqu’il est interdit de rouler trop vite
- Plus de contrôles fiscaux puisque la fraude fiscale est interdite

Et bien entendu, disparition des policiers, gendarmes, juges, tribunaux, prisons : personne ne fait rien de mal puisque c’est interdit

Il faut quand même penser à garder l’armée : la guerre ce n’est pas bien, mais pas encore interdit.

Le week-end dernier, avec le journal du dimanche, il y avait un supplément sur les métiers d’avenir.

L’informatique y tenait une bonne place, et en particulier les développeurs, qui seraient très recherchés : il est question de 150 000 postes créés cette année (je soupçonne l’auteur de l’article de souffrir d'un sévère excès d'optimisme)

L’article précise aussi que le salaire des débutants est de 40K annuels.

L'emploi en chiffres

L’emploi informatique représentait en 2017 3,2% de l’emploi total en France (source Dares : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/pdf/dares_inseereferences_metiers_numerique_2019.pdf )

40% de ces emplois sont en île de France, 20% seulement des employés on plus de 50 ans (contre 32% en moyenne en France), les moins de 30 ans représentent 30%.

D’après le Syntec numérique, il y aurait 150 00 créations de postes par an : https://syntec-numerique.fr/actu-informatique/combien-secteur-numerique-cree-t-il-emplois

Et pourtant…

Il est prévu par la DARES 110000 créations de poste, mais de 2012 à 2022, soit 11 000 par an.

D’après France stratégie (rapport de 2015 : les métier en 2022):

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs_rapport_metiers_en_2022_27042015_final.pdf


Pour les métiers de l’informatique : « un taux de création nette qui pourrait dépasser 1,7 % par an d’ici à 2022. »  , soir 13600 postes par an, on est loin des 150 000 du Syntec, mais proche de la DARES.

L’informatique n’est pas, et de loin, le secteur le mieux loti pour les créations d’emploi,  une bonne part n’y étant que des remplacements, pas des créations nettes

Le pôle emploi dit la même chose:

51000 projets de recrutement, mais il ne s’agit pas de créations : dans un secteur où le turn-over est d’environ 20%, le simple remplacement des salariés pourrait générer 150 000 offres d’emploi par an (beaucoup moins puisque beaucoup de recrutement se font par cooptation, connaissance, etc. et ne donnent pas lieu à la publication d’une offre)


Sachant qu’il y a environ 270 000 développeurs en France (https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-portrait-robot-du-developpeur-en-france-74809.html) , avec 58% ayant moins de 10 ans d’expérience, il est compréhensible de voir beaucoup d’offres pour des postes sur lesquels il n’est pas possible de rester longtemps.


Et les salaires


D’après l’enquête de l’usine nouvelle en 2017, le salaire moyen brut en sortie d’école d’ingénieur est de 39 722 euros
(c’est environ 5000 euros de moins par an pour les diplômés de l’université), soit sensiblement celui qui serait proposé pour des développeurs débutants.

Mais il ne s’agit pas spécifiquement d’informaticiens, même si les ESN (entreprises de service du numérique, ex-SSII) aiment beaucoup recruter des bac+5 pour des emplois de techniciens, qui, il y a 15 ans, étaient occupés par des bac+2.

https://emploi.developpez.com/actu/290185/Diplomes-de-Master-2016-plus-de-5000-dans-la-filiere-informatique-avec-un-taux-d-insertion-professionnelle-de-95-pourcent-a-18-mois-et-97-pourcent-a-30-mois-apres-l-obtention-de-leur-titre-universitaire/

Concernant le salaire des développeurs, les chiffres les plus fantaisistes circulent:

Si on regarde https://www.carriere-info.fr/salaire/metier-developpeur.html
la fourchette va de 17k à 35k

D’après https://www.salairemoyen.com/salaire-metier-1581-Developpeur_informatique_.html

La moyenne est de plus de 50k par an. (Sans rire ? En Province ? Je peux poster mon CV ?)

D’après https://fr.indeed.com/career/d%C3%A9veloppeur/salaries

Les développeurs de base sont à près de 40k.

Mais d’après https://www.cidj.com/metiers/developpeur-developpeuse-informatique#:~:text=Les%20salaires%2C%20plut%C3%B4t%20%C3%A9lev%C3%A9s%20dans,%C3%A0%20exclure%20par%20la%20suite.

Il faut compter sur 2100 euros bruts mensuels, soit environ 25k, ce qui me semble, de très loin, le plus réaliste, surtout en province.

Mais plutôt que de parler d’embellie, de recrutement massif, de pénurie, de salaires élevés, les « journalistes » qui publient ces fantasmes devraient aller voir ce qui se passe vraiment dans les ESN.

Celle dans laquelle je suis n’est pas une exception: il y a des gens qui n’ont pas été augmentés puis 15 ans, dans mon cas c’est 2% (en tout) en 10 ans (autant dire que j’ai perdu au moins 20% de pouvoir d’achat en tenant compte de l’inflation, des hausses de charges, d’impôts, etc.), pourtant mon salaire est proche de ceux de soi-disant développeurs débutants du premier article cité.

La vérité est qu’il y a trop de monde sur le marché, des donneurs d’ordre qui tirent les prix vers bas, et le jeunisme.

Le site munci.org était le seul, à ma connaissance, qui décrivait avec précision ce marché si particulier, mais il est fermé depuis des mois.

Il ne reste donc que des articles qui survolent le sujet en décrivant un eldorado qui n'existe plus depuis longtemps.

 Ce matin le débat économique hebdomadaire de 7h50 sur France inter portait sur les engagements du gouvernement sur le climat (1).

Le débat de chiffres, en plus d’être comme souvent centré sur l’électricité, a tourné au ridicule, avec par exemple « les éoliennes sont plus soutenables que le nucléaire ». 

On s’en fout: le problème est que 67% de l‘énergie utilisée en France est d’origine fossile (au niveau mondial c’est plus de 80%).

Pour une simple question d’échelle et de ressources, les énergies fossiles ne seront jamais remplacées, à leur niveau d’utilisation actuel, par des éoliennes, des panneaux solaires, des barrages, ou du nucléaire. (2)

C’est aussi oublier un peu vite qu’un parc éolien ou solaire doit être impérativement associé à un parc «  classique », en général des centrales à gaz, pour pallier l’intermittence, sans parler de la durée de vie de ces équipements (environ 25 ans) et de leur recyclage difficile.

Le sommet de l’incompétence a été atteint sur la question du pétrole (qui accessoirement représente 98% de l’énergie utilisée dans les transports): d’après l’un des intervenants (vers 10mn30) le pic pétrolier serait une théorie dont « on sait maintenant que ce n’est pas vrai ».

(Il parle aussi des réserves de gaz et pétrole qu’il ne faudrait pas utiliser, il oubli le charbon : double faute)

Dire que le pic pétrolier est une fausse théorie revient à dire dire que puiser de façon infinie dans un stock fini est possible, ce que seuls les prestidigitateurs et les économistes savent faire.

D’autant que l’agence internationale de l’énergie dit dans son rapport de 2018 : (3)

«  La production de pétrole brut conventionnel a atteint son maximum en 2008, à 69,5 Mb/j, et elle a depuis baissé d’environ 2,5 Mb/j. 

Dans le scénario « Nouvelles politiques », elle baisse de 3 Mb/j supplémentaires entre 2017 et 2040, et sa part dans l’offre mondiale de pétrole baisse régulièrement, passant de 72% aujourd’hui à 62% en 2040. 

Le niveau des ressources conventionnelles dont le développement a été approuvé ces dernières années est bien inférieur aux exigences de la demande du scénario Nouvelles politiques, ce qui créera un risque de tension sur le marché dans les années 2020. »

Et: 

« Le risque de resserrement de l’offre est particulièrement prégnant pour le pétrole. Ces trois dernières années, le nombre moyen de nouveaux projets approuvés de production de pétrole conventionnel ne représente que la moitié du volume nécessaire pour équilibrer le marché jusqu'en 2025, compte tenu des perspectives de demande du scénario « Nouvelles politiques ». Il est peu probable que le pétrole de schiste prenne le relais à lui seul. »

En bref, nous sommes mal barrés: entre les prévisions de l’AIE, les élucubrations des économistes, et l’incompréhension des enjeux par les dirigeants économiques, politiques, et souvent d’entreprises, l’avenir est plus que jamais compromis.

Pour plus d’information sur le pétrole : https://youtu.be/LeDzFEyICXI

Et pour en savoir un peu plus sur l’énergie en général et le climat, voir le cours (8 fois 2h) donné à l‘école des mines sur : https://slides.pimoid.fr/jancovici/mines_2019/


(1) Emission du 20 novembre: https://www.franceinter.fr/emissions/le-debat-economique

(2) Et encore moins par l’hydrogène comme des fantaisistes avides de subventions nous le promettent : faire de l’hydrogène nécessite de l’énergie, celle utilisable avec l’hydrogène produit sera forcément inférieure à celle utilisée pour le produire, donc autant utiliser directement l’énergie en entrée. Sans parler du stockage.

(3) Le site de l’AIE ne le propose pas en entier, mais des extraits sont disponibles ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/World_Energy_Outlook


 J’ai vu le Périgord, et ça se mérite.

C’est Waze qui nous a guidés : erreur fatale.

Waze, c’est bien pour éviter les bouchons dans les agglomérations, mais beaucoup moins bien sur les routes de campagne.

Il nous a conduits sur des routes qui feraient passer les départementales, communales, et chemins vicinaux, pour l’autoroute du soleil.

Des chemins improbables au milieu desquels l’herbe pousse et sur lesquels il vaut mieux ne croiser personne, et d’ailleurs, ça tombait bien, il n’y avait personne.

Pour les paysages, à la végétation près, ça ressemble au Luberon : routes ridiculement sinueuses et étroites, à flanc de coteaux pierreux, où la prudence nécessaire rend inutiles les limitations de vitesses.

Pas pour les autochtones qui ont été nombreux à me doubler.

On m’avait dit « on mange bien dans le Périgord ».

C’est vrai, à condition de casser sa tirelire.

Parce que dans la restauration standard pour touriste, c’est assez moyen : 20 balles pour une cuisse de canard confite sortie de sa boîte, réchauffée (1), parsemée d’herbes de Provence (qui doivent se demander ce qu’elles font là), et accompagnée de frites surgelées premier prix, ce n’est pas donné.

Par contre, dans un bon restaurant, canard frais IGP cuisiné maison, c’est autre chose, et c’est un autre prix, d’où la tirelire cassée.

Après ça, une bonne bière, en ville et en terrasse, c’est 5 euros le demi, j’ai pris le temps de le siroter.

Ça doit être à cause des nombreux anglais, les prix sont directement convertis en livres sterling.

Il y a aussi l’effet Covid : beaucoup trop de monde dans les villes, les villages, les jardins, les châteaux.

A refaire, mais en Juin ou en Septembre.


(1) Forcément réchauffée, je ne vais pas attendre les 12 heures de passage au sel et les 2 heures de cuisson, les autres touristes non plus.


C’est un sujet très à la mode en ce moment chez les politiques, dirigeants, journalistes et doux rêveurs : l’avion vert (ou zéro carbone, ça dépend des goûts).

D’après un de ces brillants esprits (1) il sera même possible d’ici 15 ans de faire voler des avions à l’hydrogène.

Un autre, tout aussi brillant, vous le promet même d’ici 2022, mais avec un « peut-être », ce qui permet de dire n’importe quoi en pensant garder sa crédibilité (2).

Il y a juste un problème : l’expression « avion vert » ne correspond à aucune définition, aucun cahier des charges, c’est juste un slogan.

C’est pratique un slogan : facile à retenir, mais suffisamment flou pour pouvoir lui faire dire ce qu’on veut et le réinterpréter quand il sera devenu ridicule.

Si un avion vert est un avion écologique, c’est qu’il ne vole pas, ne bouge même pas.

Pour d’autres, l’avenir est l’avion à hydrogène.

Bien sûr ! Comment ne pas y avoir pensé avant, l’hydrogène est l’élément simple le plus abondant de l’univers, à un détail près : sur terre il n’existe qu’à l’état de trace, et à ce jour aucune méthode avec un rendement acceptable n’existe pour le récupérer (sans parler du stockage).

Bien sûr, tous ces guignols vont vanter l’avion « zéro émission », ce qui serait vrai, mais uniquement pendant le vol. L’énergie dépensée pour récolter et stocker l’hydrogène, avec les rendements d’aujourd’hui, sera supérieure à celle qu’aurait utilisé un avion classique.

Au fait, un moteur à hydrogène, ça existe déjà, on l’appelle Vulcain sur Ariane 5, par contre, tous les billets sont des allers simples.

Il me faut aussi évoquer une évidence : l’aviation, et surtout le transport de passagers en masse ne sert à rien. Transporter des milliers de personnes à l’autre bout du monde pour dépenser leur argent chez des plus pauvres qu’eux, quelle utilité ?

D’autant qu’il n’y a que les « riches » qui prennent en avion (4).

Sur les derniers mois, presqu’aucun avion n’a volé, et qu’est-ce qui a changé ? Rien, il faut pourtant sauver d’urgence ce secteur, au détriment d’autres beaucoup plus utiles, comme la santé ou l’agriculture.

Le lecteur pourra aussi jeter un oeil à cet article brillant de compétence (3), qui parle d’avion électrique dont les réservoirs d’hydrogène (« hautement robustes ») seraient comme ceux de la Toyota « Mia ». Visiblement le journaliste a confondu une danse marseillaise avec la Toyota Mirai.

Quand je vois le niveau de réflexion et de compétence de ceux qui nous promettent un « avion vert », je me dis qu’il n’est pas près de voler.

Et aussi que les années à venir nous rapprocheront plus du soleil vert que de l’avion vert.


(1) https://www.marianne.net/politique/extension-de-roissy-charles-de-gaulle-pollution-de-total-sur-ces-dossiers-borne-ne-se

(2) https://www.fredzone.org/les-avions-a-hydrogene-vont-peut-etre-envahir-nos-ciels-dici-2022-441

(3) https://www.bfmtv.com/economie/une-start-up-americaine-parie-sur-un-avion-propulse-a-l-hydrogene-1758339.html

(4) les 2 déciles des revenus les plus élevés représentent l’essentiel des voyageurs


France 2 a adapté ses programmes pour nous aider à rester à la maison en diffusant des films en début d’après-midi.

Ce dimanche, nous avons eu droit à une énième diffusion du Corniaud, et j’ai eu la surprise de voir ça au générique:




Les théoriciens du complot y verront la preuve que tout était préparé, et resteront des cons finis.

Les autres peuvent rester confinés.

Avant, se masquer le visage dans l’espace public était interdit et mal vu, aujourd’hui, ne pas se masquer le visage est mal vu, et peut-être bientôt interdit.

Avant, changer de trottoir pour éviter de passer près de quelqu’un était très mal venu, aujourd’hui, c’est un signe de politesse qui peut rapporter un sourire.

Avant, il il y a avait des files d’attente aux caisses des supermarchés, aujourd’hui, la file d’attente commence sur le parking du supermarché.

Avant les médias nous montraient des pays lointains en crise dans lesquels les rayons des magasins étaient vides, maintenant plus besoin d’aller au bout du monde pour trouver les mêmes images.

Avant il fallait être prudent avant de traverser la rue, maintenant on entend les voitures arriver de loin.

Avant, je sortais les mains dans les poches, maintenant, si la main dans ma poche ne trouve pas mon attestation, je rentre chez moi.

Avant tout le monde se serrait la main et se faisait des bises, ça ne se fera plus, du moins au travail, et c’est tant mieux.

Avant mon employeur refusait quasi-systématiquement le télétravail, maintenant il se réjouit que nous puissions tous le faire afin de continuer à facturer les clients, et sans avoir à nous fournir aucun équipement.

Un seul mot a suffit, « confinement », pour semer la panique dans les chaumières.

Ruée vers les supermarchés pour faire le plein de denrée plus ou moins utiles.

Puis des millions de personnes en télétravail, et d’autres millions en chômage partiel.

Tout s’est arrêté, ou presque.

Ça m’a rappelé une phrase d’Umberto Eco, dans laquelle il dit que c’est l’industrie du superflu qui constitue l’ossature du système économique.

Tout est dit : les compagnies aériennes au bord de la faillite, des aéroports, les cinémas, salles de sport, cafés, restaurants, salles de spectacle, campings, hôtels, etc. qui ferment, et la vie continue.

Tant qu’il y a de l’électricité, de l’eau, du pétrole, des agriculteurs, et des camions pour transporter la nourriture, tout va bien.

Les « pénuries » dans les magasins m’ont rappelé des mauvaises blagues des années 80 sur les pays de l’Est :
« un sandwich , c’est un ticket de jambon entre deux tickets de pain ».
Ou encore «
- Ils sont 2 fois moins chers les oeufs dans le magasin d’en face, mais ils n’en ont plus
- Nous aussi, quand on n’en a plus, ils sont 2 fois moins cher »

Il aura suffit d’un microscopique organisme pour faire tomber les certitudes des obsédés de la croissance.

Ou plutôt faire vaciller leurs certitudes : des économistes  ou responsables politiques se répandent déjà dans les médias pour rassurer tout le monde ( et surtout se rassurer eux-mêmes), annonçant des « plans de relance » et autres milliards qui seront débloqués, histoire de repartir comme avant.

Et pour en avoir plus sur pourquoi ça ne repartira pas comme avant, c’est ici, en anglais: https://ourfiniteworld.com/2020/03/31/economies-wont-be-able-to-recover-after-shutdowns/


Et restez chez vous

Au cours de l’été 2019, 600 milliards de tonnes de glace ont fondu au Groenland (1).

Un tonne de glace donnant un mètre cube d’eau, c’est donc 600 milliards de m3  d’eau qui ont fondu.

Un milliard de m3, c’est un cube d’1 kilomètre de côté, vous voyez la taille du glaçon ?

Pour en avoir 600, c’est un bloc de 20 km sur 30 km sur 1 km d’épaisseur.

En réduisant la hauteur du glaçon, c’est comme si une couche de glace d’1,10 m avait fondu sur toute la surface de la France.

Et vu comme ça, ça fait beaucoup, et c’est arrivé en seulement 2 mois.

Heureusement, d’après Donald, ce n’est pas un problème.

(1) https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1029/2020GL087291

Près de chez moi, il y a dix ans, il y avait un champ.

Il a été remplacé par des résidences « de standing »

En anglais, « standing », ça veut dire « qui tient debout », ce qui est le minimum à demander à un immeuble d’habitation.

En français, ça veut dire : « appartement vendu au moins deux fois son prix pour que tous les intermédiaires puissent se gaver »

Il y a donc près de chez moi des logements hors de prix vendus à des zozos qui se prennent pour des investisseurs qui espèrent réduire leurs impôts, ou des naïfs qui veulent être propriétaires de leur logement pour un coût mensuel supérieur à 2 loyers.

Heureusement pour moi, je n’ai pas les moyens de payer 2 loyers, je n’ai donc pas à me soucier de la montée délirante des prix.

Les loyers, eux, ne peuvent pas suivre la même hausse, et sont d’ailleurs l’indice le plus évident la surévaluation des prix.

Voilà, c’est fait, je viens de franchir la très symbolique et fatidique cinquantaine.



Etant droitier j’ai immédiatement regardé mon poignet gauche afin d’y rechercher une preuve de réussite : mais pas de Rolex en vue, j’ai donc raté ma vie.



En plus, c’est l’entrée dans l’âge mûr, qui, comme disait Desproges, précède par définition l’âge pourri.



Ce grand âge maintenant atteint me permet de mesurer à quel point le monde a changé depuis que j’ai commencé à travailler.



De mon temps, bande de jeunes ignorants, il y avait des offres d’emploi  (1) imprimées dans des journaux spécialisés dans l’informatique.



Il fallait faire un beau CV, en noir et blanc parce les imprimantes couleurs ne couraient pas les rues, sans fioritures (de toutes façons impossibles à faire avec un PC de base qui coûtait 2 mois de salaire), et l’accompagner d’une lettre manuscrite (et souvent « obligatoirement manuscrite »).



Aujourd’hui, à en croire nos élites, c’est bien plus simple.

Il suffit de traverser la rue pour trouver un travail, puis pouvoir s’acheter un costume, et enfin traverser le hall de la gare en ayant réussi, étant autre chose que « rien ».



C’est beau le progrès.



(1) Des vraies offres, il y avait vraiment un ou plusieurs postes à pourvoir, le temps du « sourcing » pour remplir des banques de CV n’était pas arrivé, et le web non plus.

Dans la plupart des grandes entreprises, l’accès aux locaux, et parfois à d’autres services, se fait avec un badge.

Afin de ne pas mélanger torchons et serviettes, les prestataires de service ont le plus souvent un badge de couleur différente.

Lorsque durant une mission il m’arrive de croiser un ancien collègue qui a été embauché par ce client, sa première réaction n’est pas de me saluer, mais de vérifier la couleur de mon badge, en le retournant si nécessaire.

Ce n’est qu’après qu’il prendra le temps de me dire qu’il a oublié mon nom et l’endroit où on nous avions travaillé ensemble.

Mais maintenant il sait que je ne fais pas parti des élus, et que je ne dois vraiment pas être très doué pour être encore en ESN à mon âge.

Il passe ensuite quelques minutes à m’expliquer que tout n’est pas si facile, même quand on n’est plus prestataire, qu’il y a la pression, tout ça.

Tu penses ! 30% de salaire en plus, des augmentations régulières, 2 ou 3 semaines de congés supplémentaires, la possibilité d’évoluer et même de changer de métier, et un CE généreux, quel enfer (1) ! Si c’est si difficile, les ESN recrutent, je peux coopter.

Il n’a pas le temps de m’écouter lui raconter ce que j’ai fait depuis toutes ces années, mais prend poliment, et surtout rapidement, congé, afin de ne pas trop verser dans le social ou laisser penser qu’il aurait un semblant de considération pour celui qui n’est qu’un intrus dans « son » entreprise.

C’est comme ça la vie de prestataire.



(1)    Si, si, c’est encore le cas dans beaucoup de grandes entreprises dans lesquelles j’ai été prestataire

Tous les ans, c’est le même rituel : les entretiens annuels, qui prennent des noms différents selon les entreprises, mais recouvrent la même triste réalité : faire semblant d’évaluer les employés.

Le but de ces entretiens est d’occuper les managers dispensables en leur donnant l’occasion de s’imaginer posséder un pouvoir qu’ils n’ont pas.

En effet, les décisions sont prises en haut lieu, où des idiots inutiles décident de ne pas augmenter la majorité des salariés en faisant mine de tenir compte de l’avis des idiots utiles que sont les « managers » qui font passer ces entretiens.

Bien entendu, tous les ans, le manager change afin de prétende ne rien savoir de vos activités passées ni de vos compétences ou envies d’évolution, et donc de ne pouvoir appuyer une demande d’augmentation ou de changement de statut.

Cette année, le brillant chef (ou directeur) de feuille Excel de son état, qui m’a fait passer cet inutile entretien a innové en tentant mettre un titre parlant sur mon CV.

Il ne semble pas au courant qu’après des années de missions sans lien entre elles, dans des domaines et des entreprises hétéroclites, je suis devenu si polyvalent qu’il est possible de me vendre sur n’importe quelle mission.

Enfin presque, n’étant évidemment pas « manager », je ne peux rien gérer.

Mais en fait, si, au gré des missions je suis déjà devenu chef de ceci ou administrateur de cela, mais juste le temps d’une mission, afin de faire plus de marge sur mon dos.

L’entretien s’est très bien passé : le résultat sera une année supplémentaire sans augmentation, sans formation ni perspective d’évolution.

Mais alors, pourquoi ne pas tenter ma change ailleurs ? Doit se demander le lecteur attentif (mais y en a-t-il ? (des lecteurs, pas des gens attentifs))

Simplement parce que personne ne recrute vraiment, les recrutements consistent à remplacer les départs (Le turnover moyen doit dépasser les 20%). Il est même probable que le nombre de postes créés chaque année soit inférieur au nombre de diplômés.

En plus, j’ai presque atteint l’âge fatidique d’une demi-siècle, ce qui rend tout recrutement impossible (ou presque, sur un malentendu peut-être, et encore en CDD ou intérim)

La seule parade que j’ai trouvée est de fournir à mon employeur une quantité de travail directement corrélée à ma rémunération.

Je tiens évidemment compte de l’inflation, et même du prélèvement à la source : je vous laisse imaginer ma productivité actuelle.

C’est pourtant suffisant pour que le client soit content.

Alors en attendant, j’attends.

Depuis peu mon domicile héberge un chaton.

L’observation attentive de cet animal m’a immédiatement fait penser à un mauvais manager (et j’en ai vu beaucoup) :

    -    Il dort l’essentiel de son temps, mais ses quelques heures d’activité suffisent à vous épuiser tellement il vous sollicite

    -    Il la joue « patte de velours » mais vous lacère sans préavis

    -    Il ne répond jamais quand on l’appelle, mais hurle à la mort s’il a besoin de vous

    -    Il se prend pour un prédateur, mais pleurniche si tout ne lui est pas servi sur un plateau

    -    Comble du carriérisme : même tout seul, il essaye de se lécher le cul


Je verrai si en devenant adulte le chaton devient un meilleur manager