Il y a des clients difficiles, pénibles, et certains atteignent des sommets de harcèlement.

Au point qu’il y a maintenant de nombreuses années j’ai fait ce qu’on appelle aujourd’hui un burn-out, ou « épuisement professionnel ».

A cette lointaine époque, et c’est encore parfois vrai aujourd’hui, l’aspect financier prenait naturellement le pas sur la santé des salariés.

Ma hiérarchie avait donc décrété que c’était dû à mon incompétence et que j’avais honteusement abandonné le client.

Mes collègues ne m’avaient d’ailleurs pas plus soutenu que ma hiérarchie, me reprochant même de revenir à mon poste (alors qu’ils me savaient que mon ancienneté ne me permettait pas de faire autrement).

De l’eau a tellement coulé sous les ponts, que ce client ayant à nouveau besoin de ressources, mon CV a été ressorti du formol.

Je suis redevenu bankable, d’autant plus que mon salaire n’ayant pas évolué sur l’intervalle, contrairement à la facturation, je n’en serai que plus rentable pour alimenter les primes de mes chers leaders.

Le client n’a pas changé depuis mon dernier passage, au point d’envoyer des collègues en longue maladie et de subir une enquête en bonne et due forme.

Un point positif cependant : il s’agit d’un client si conservateur qu’aucune évolution n’a eu lieu depuis 15 ans, et que je retrouverai donc les mêmes mauvaises habitudes et logiciels obsolètes.

Il est parfois difficile de trouver un endroit calme et sympathique pour boire un verre.

Que les plus difficiles se rassurent, le télescope James Webb a trouvé juste ce qu’il faut dans une autre galaxie (1).

En effet, il a découvert des traces de molécules organiques, mais surtout de l’éthanol : la base de toute boisson réconfortante.

Enfin un endroit qu’on espère tranquille, il reste juste à trouver un moyen de s’y rendre.

(1) https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-telescope-james-webb-vu-molecules-organiques-autre-galaxie-cest-premiere-126683/

Dans les entreprises de se(r)vices du numériques, une période sans mission était appelée « inter-contrat ».

Heureusement, des managers débordés par leurs feuilles Excel se sont emparés de cette dénomination afin de la moderniser.

Il est dorénavant bienséant de nommer ces périodes « intermission », ça ne change rien, mais la parole des managers est sacrée, et chacun doit s’y conformer sous peine de représailles.

Si l’on en croit le dictionnaire Larousse, intermission signifie « période qui sépare deux accès dans une maladie », ce qui est assez représentatif ce que sont la majorité des missions.

Ce terme était déjà utilisé par les sociétés d’intérim, vient logiquement prendre place dans des entreprises qui y ressemblent de plus en plus (avec plus de 18% de turnover en moyenne).

D’ailleurs, en ce moment, je suis en intermission, attendant le prochain accès de maladie.

Linkedin est le seul réseau « social » sur lequel je suis inscrit, depuis une époque à laquelle je croyais encore que mon CV méritait l’attention de recruteurs.

Ce site utilise certainement une intelligence très artificielle pour proposer des offres qui pourraient me correspondre.

Dernièrement, j’ai reçu un offre pour être vendeur à Grand Frais, et une autre pour la FNAC.

Peut-être est-il temps que je me reconvertisse ?