Il est parfois difficile de trouver un endroit calme et sympathique pour boire un verre.

Que les plus difficiles se rassurent, le télescope James Webb a trouvé juste ce qu’il faut dans une autre galaxie (1).

En effet, il a découvert des traces de molécules organiques, mais surtout de l’éthanol : la base de toute boisson réconfortante.

Enfin un endroit qu’on espère tranquille, il reste juste à trouver un moyen de s’y rendre.

(1) https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-telescope-james-webb-vu-molecules-organiques-autre-galaxie-cest-premiere-126683/

Dans les entreprises de se(r)vices du numériques, une période sans mission était appelée « inter-contrat ».

Heureusement, des managers débordés par leurs feuilles Excel se sont emparés de cette dénomination afin de la moderniser.

Il est dorénavant bienséant de nommer ces périodes « intermission », ça ne change rien, mais la parole des managers est sacrée, et chacun doit s’y conformer sous peine de représailles.

Si l’on en croit le dictionnaire Larousse, intermission signifie « période qui sépare deux accès dans une maladie », ce qui est assez représentatif ce que sont la majorité des missions.

Ce terme était déjà utilisé par les sociétés d’intérim, vient logiquement prendre place dans des entreprises qui y ressemblent de plus en plus (avec plus de 18% de turnover en moyenne).

D’ailleurs, en ce moment, je suis en intermission, attendant le prochain accès de maladie.

Linkedin est le seul réseau « social » sur lequel je suis inscrit, depuis une époque à laquelle je croyais encore que mon CV méritait l’attention de recruteurs.

Ce site utilise certainement une intelligence très artificielle pour proposer des offres qui pourraient me correspondre.

Dernièrement, j’ai reçu un offre pour être vendeur à Grand Frais, et une autre pour la FNAC.

Peut-être est-il temps que je me reconvertisse ?

Lorsqu’une mission dure plusieurs années, et dans ce cas près de 6 ans, on peut s’attendre à un minimum de reconnaissance du client pour qui on a travaillé.

D’aucuns (1) ont eu droit à un pot de départ en grande pompe, d’autres, parfois les mêmes, à une avalanche de cadeaux : il s’agissait souvent de managers qui n’ont pourtant besoin de rien.

N’étant qu’un exécutant de basses oeuvres, loué à vil prix à une entreprise ouvertement méprisante, je n’ai évidemment pas eu droit à ces réjouissances.

Je suis parti comme je suis arrivé, par la petite porte réservée aux prestataires de bas étage, avec l’anonymat qui va avec.

Difficile de se motiver pour la prochaine et toute aussi inintéressante mission qui ne manquera pas de me tomber sur la tête.

(1) Beaucoup en fait, je pense avoir verser plus d’un SMIC pour les cadeaux de départ de prestataires sur la période.