Après avoir répondu à l'offre raisonnable pour laquelle je n'avais pas les compétences et qui proposait un salaire trop bas, j'ai quand même eu droit à une invitation pour un entretien, auquel je suis allé, n'ayant rien de mieux à faire, sinon satisfaire mon conseiller pôle -emploi par des actions « positives » de recherche.

La taille des locaux dans lesquels j'ai été reçu, qui se limitent à deux petits bureaux dans un immeuble vieillot, comme la présence de 4 ou 5 « chargés de recrutement » (1) pendus au téléphone, m'ont rassuré quant au sérieux de la société.

La présentation qui m'en a été faite par la responsable des lieux, et certainement la seule salariée, ne laisse aucune place au doute : il s'agit d'une SSII qui fait aussi dans la vente de pipeaux.

Comme à l'accoutumé, il y aurait une hypothétique mission, en parfaite adéquation avec mon CV, mais pour laquelle il va être difficile d'obtenir une réponse dans la semaine, parce que vous comprenez « en ce moment, les gens sont en vacances, d'ailleurs je pars en congés dès demain ».

En clair : déjà qu'ici nous n'arrivons pas à placer les jeunes sur des postes dignes de ce nom, n'allez-pas vous imaginer que nous en avons pour des vieux comme vous.

J'ai quand même fait ma BA en passant cet entretien : à chaque jour suffit sa peine.

(1) Des stagiaires qui passent leur journée à chercher des CV et à laisser des messages sur tous les téléphones qu'ils arrivent à joindre

Le pôle emploi, c'est plus fort que toi, et c'est même plus fort que la réalité : j'ai reçu aujourd'hui un email m'indiquant que suite à mon entretien de suivi d'hier, je vais être convoqué pour un nouvel entretien en septembre.

Admirons d'abord la vitesse d'exécution : entretien hier, courrier aujourd'hui (courrier électronique, certes, mais courrier quand même).

Notons aussi l'imagination fertile : je n'ai eu aucun entretien avec le pôle emploi depuis mai.

Donc, soit j'y suis allé tout en restant chez moi et sans m'en rendre compte, j'aurais donc un don d'ubiquité, soit je vais pouvoir me rendre dès aujourd'hui à l'entretien d'hier, mais c'est impossible.

En effet, une équipe de chercheurs de Hong-Kong (1) dit avoir démontré l'impossibilité du voyage dans le temps, ce qui ne pourra que consterner les adeptes de la procrastination.

Une autre explication, bien plus vraisemblable, est qu'un salarié très avisé (2), remplit les comptes-rendus d'entretien sans les candidats, et il a bien raison, parce qu'en août, il est peu probable  de trouver des offres d'emploi raisonnables à proposer à des  gens disponibles.


(1) http://www.physnews.com/physics-news/cluster171609531/
(2) Qui connaît l'état du marché dans l'informatique pour les séniors

Un mail du pôle emploi, envoyé automatiquement, me signale une offre « susceptible de me convenir ».

Je suis invité à y répondre dans les meilleurs délais, sinon, je risque la radiation, afin d'améliorer les statistiques.

L'offre en question ne correspond que de très loin à mes compétences puisqu'il s'agit d'un poste de développeur (pas d'autre précision, ce qui en dit long sur la compétence du rédacteur de l'annonce (1) ), donc de débutant (et il y a belle lurette que personne d'embauche des quadragénaires sur ces postes, déjà que passé 30 ans on est un sénior...).

Il faut aussi une expérience d'au moins 3 ans et un diplôme de bac+2 à bac+5.

Quant au salaire proposé, la fourchette va de  1600 (soit le minimum conventionnel) à 2250 euros bruts (2).

Le haut de la fourchette correspond à mon salaire de 2002, et arrive tout juste au niveau de mes allocations.

Si j'étais embauché sur ce poste (et je pourrais y être contraint, puisqu'il s'agirait d'une offre raisonnable), je me retrouverais sur un poste de débutant, payé comme il y a dix ans, et perdant de l'argent puisque j'aurais à engager des frais pour me rendre au travail.
Mais j'aurais aidé à améliorer les statistiques (surtout celles, très officielles, de l'emploi, pour le reste, je ne ferais que travailler plus pour gagner moins)

Comme je l'avais déjà écrit, ces offres raisonnables permettent à une entreprise d'embaucher à vil prix, puisqu'il suffit d'une période de chômage de 6 mois pour être obligé d'accepter un poste au niveau de ses allocations (et je suis convaincu que des recruteurs s'en réjouissent déjà).

Paradoxalement, les « experts » continuent de se répandre en imbécillités dans les médias à propos de la pénurie de candidats dans l'informatique.

Il existe pourtant une évidence : quand il y a pénurie, les prix montent (3). Or, les salaires dans l'informatique stagnent depuis des années.

En attendant, j'attends.

(1) Je ne suis pas dupe, il n'y a évidemment aucune réelle intention de recruter avec ce type d'annonce : il s'agit, au mieux, de récupérer des CV, pour le pire,à vous de voir
(2) 1250 à 1700 euros nets.
(3) Et ça, même l'auteur dont je parle dans l'article précédent en conviendrait

« Petites leçons d'économie à la portée de tous », de Jean-Marc Sylvestre, docteur en sciences économiques, animateur télé, et chroniqueur radio.

Ce n'est pas un manuel d'économie, mais une compilation de chroniques économiques, oublions au passage la condescendance du titre.

Une précision : j'ai acheté  ce livre sans avoir préalablement vérifié la date de parution. Je le pensais récent, il date en fait de 2007.

L'avantage de le lire avec 4 ans de retard, c'est de vérifier à nouveau l'adage : « un économiste, c'est quelqu'un qui vous expliquera l'an prochain pourquoi ce qu'il a dit l'an dernier n'est pas arrivé cette année », et profiter de quelques (involontaires ?) perles.

Quelques exemples...

p29 « l'Allemagne cessera de s'endetter et commencera à rembourser en 2010 »

p49 Sur l'économie américaine : « on avait craint un trou d'air en 2006, mais ses effets ont été gérés et les perspectives sont bonnes pour 2007 »

p68 « La crise de l'été 2007 n'aura eu que peu d'impact », « L'Amérique a réussi son atterrissage en douceur »

p122 « De l'avis des experts, l'action EDF ne peut que monter » (plus de 70 euros fin 2007, moins de 27 aujourd'hui).

p254 A propos des records consécutifs du CAC 40 de 2007 : « les grandes tendances sur lesquelles  les acteurs boursiers s'appuient depuis le début de l'année se confirment jour après jour » , notamment «  L'économie américaine continue de bien fonctionner » et « les perspectives européennes sont très améliorées ».

p266 Après une envolée boursière à New-York, et alors que les chiffres des prévisions pour 2007 sont « très bons » « on obtient l'équation de ce que les économistes appellent un 'cercle vertueux' »

p278 Sur le fonctionnement de l'économie américaine, en particulier les crédits hypothécaires, et les dégâts qui en résultent  puisque « les autorités monétaires ont pris le parti de laisser le système se purger »; « Finalement, le système retrouve son équilibre »

p304 Les prévisions d'embauche en France pour 2007 : « On continue d'embaucher massivement des ingénieurs en informatique (1) […]. Les risques de pénurie sont très sérieux ». Là c'est du pur délire, il y avait plus de 2,4 millions d'inscrits à l'ANPE à cette époque...

p323 « Vous avez acheté, il y a dix ans, un appartement à Paris ou dans une grande ville, les crédits sont remboursés ». Peut-on avoir ne serait-ce qu'un semblant de sens des réalités et écrire une énormité pareille ? Rembourser un appartement (A Paris !) en 10 ans ? Sait-il que le salaire médian (2) en France est en dessous de 1500 euros nets ??
Tout ça pour donner son avis sur l'ISF...

p345 Le croirez-vous : « Il est facile, avec le recul, d'expliquer le succès du scénario de rupture écrit par Nicolas Sarkozy »

p404 « Quand on ne se prend pas la tête dans les contraintes idéologiques, c'est assez simple l'économie ».

p413 L'environnement serait favorable en 2007, et « les prévisions 2008 prolongent cette tendance »

p429 « Le nouveau gouvernement compte bien faire la chasse aux dépenses de fonctionnement ». En baissant le salaire du président ? En évitant d'acheter un Airbus refait à neuf ?

p441 Quand l'état se mêle d'économie... « Le meilleur, c'est le succès de Natixis ».
Quel succès en effet, présentée en 2006 aux petits épargnants comme une valeur sans risque à 19,55 euros l'action, qui est tombée en dessous d'un euro au pire de la crise, et qui fluctue maintenant entre 3 et 4 euros.

p454 Selon l'auteur, l'abbé Pierre « à sa manière, il revendiquait l'efficacité des outils du libéralisme »

Il y a aussi (heureusement, vue l'épaisseur du livre !) quelques analyses et informations intéressantes, mais pas assez pour recommander à d'autres cette lecture, et souvent empreintes d'un parti pris qui frise la caricature (assez fatiguant de lire toutes les 15 pages que nous avons un président vraiment formidable, qui a tout compris à l'économie,etc.).

Peut-être devrais-je maintenant me procurer « l'économie n'existe pas », qui semble plus approprié, et beaucoup plus réaliste, et continuer de me demander pourquoi on associe « science » et « économie ».

(1) Une imbécillité qui ne pouvait m'échapper...
(2) « salaire médian » : la moitié des gens gagnent moins (et l'autre moitié plus, le lecteur éveillé l'aura compris)

- La fin du Skahndale ?
- Bah non, pas encore.

Mon fournisseur d'accès internet est une grosse buse, je le savais déjà : il m'a encore privé d'internet toute la semaine (*).

J'ai bien entendu appelé la Hotline : rien n'a changé là non plus.

Les questions sont toujours les mêmes : avez-vous connecté les câbles ? Non ! Bien sûr, 20 ans d'expérience dans l'informatique m'ont appris l'inutilité de ces ustensiles.

La « box » est-elle branchée ? Mais à quoi servirait de l'électricité ? C'est internet qui ne marche pas !

Il osent tout, il y a même de l'humour dans le message d'accueil : le temps d'attente est gratuit si on appelle depuis le téléphone de cet opérateur...Sauf que, si on les appelle, c'est précisément parce qu'il n'y a plus de connexion, et que par conséquent, ce téléphone-là ne fonctionne pas non plus.

Ils font aussi tous les efforts du monde pour faire durer la communication, puisqu'elle est surtaxée, en faisant systématiquement répéter les identifiants, noms, etc.

Même leur email de confirmation est un monument de connerie, il dit « En espérant que la xxxxxbox vous apporte entière satisfaction », ce qui n'a pas été sans influence sur la détérioration de mon humeur.

Le délai de prise en compte de 72 heures, soi-disant pour analyser le problème, puis encore 72 heures pour le traiter, soit 6 jours à glander et à continuer de facturer.

Le comble est atteint avec l'email qui suit la « prise en compte » et me demande de remplir une enquête de satisfaction alors que le problème n'est toujours pas résolu. Ils ajoutent que je peux me connecter sur leur site pour gérer mon abonnement : humour involontaire ou pure bêtise ?

Mon courrier de résiliation était prêt à partir, je le garde sous le coude.

(*) Si je cumule les pannes subies, le taux d'indisponibilité est d'environ 5%, soit plus d'une heure par jour

Comme je l'écrivais dans un article précédent, la fin du monde devrait avoir eu lieu, ou, plus précisément, le début de la fin du monde.

Rien ne me paraît pourtant avoir changé depuis la date fatidique (hormis quelques guerres, typhons, et autres calamités humaines et climatiques : la routine).

Un détail aurait dû me mettre la puce à l'oreille : sur le site de ces délirants prophètes, et même à quelques jours de l'apocalypse attendue, il y avait un message très significatif, qui montre que la proximité de cette échéance ne leur a pas fait perdre le nord :

« Family Radio's donation server is currently undergoing security maintenance. The donation page should be back up later today, however, if you would like to make a donation via credit or debit (ATM) card now, please call 1-800-543-1495 (Ext. 376) and a representative will help to process your donation. We apologize for the inconvenience »



En résumé : « notre serveur pour les donations  étant indisponible, vous pouvez continuer de donner avec une carte de crédit ».

Business is business.

Le pôle emploi me propose de me recycler dans un domaine porteur : l'informatique.

C'est une telle pénurie dans ce domaine qu'il y a 20 (j'ai bien dit vingt) postes à pourvoir.

Les candidats sélectionnés, se verront offrir une formation de 2 mois par une entreprise qui fait des fautes sur ses pages de présentation (1), mais semble vivre confortablement en vendant  à des chômeurs des illusions de carrières dans l'informatique.

Les premiers critères de sélection sont simples : il faut avoir un bac+5 en n'importe quoi ou informatique (au choix), et être sans expérience, ou un bac+2 en informatique avec de l'expérience.

Pour les heureux et presque élus, des « tests de logique sur table » sont prévus (2). Et après, des tests « sous table » ???

Les postes qui deviendront ensuite – et éventuellement - accessibles sont ceux de « consultants développeurs SAP », soit en bon français, des « analystes programmeurs » (3).

Il y a cependant une spécificité française : ce métier est est mal vu, parce qu'il est technique. Dans d'autres contrées, plus civilisées, un programmeur expérimenté est considéré, à juste titre, comme un expert qu'il faut respecter et rémunérer en conséquence.

Ici, la technique, c'est bien évidemment pour les cons incapables d'évoluer, l'expertise technique ne vaut rien, le programmeur est dénigré, ce qui explique les délocalisations de plus en plus pressantes, et les désastres toujours plus nombreux sur les projets.

Non seulement la technique est dénigrée, mais il est courant de placer un débutant à la tête d'un projet, au seul prétexte qu'il a un diplôme prestigieux, et que dans l'esprit torturé des « managers », il est donc capable de gérer un projet sans connaître le monde du travail.

L'offre précise en fin de texte que cette formation me permettrait d'évoluer vers un métier « pérenne » sur une activité en « plein essor ».

C'est évidemment faux pour ceux qui ont plus de 30 ans. Les autres, s'ils ont les dents assez longues et le mépris assumé de leurs congénères, peuvent espérer un embryon de carrière.

Quant au « plein essor », et surtout à la « pérennité », ça serait un changement radical dans les SSII.

Un dernier détail : d'après cette propagande, la rémunération peut aller « jusqu'à 40 Keuros ».

Vous pouvez toujours rêver, même avec 10 ans d'expérience, aucune société n'embauchera un programmeur à ce prix. Et pour ceux plus expérimentés, pas d'embauche quel que soit le salaire (du moins en CDI, en intérim, il peut y avoir des miracles).

Mais tant qu'il y aura des experts pour expliquer dans les médias qu'il y a des offres d'emploi non pourvues (jusqu'à plusieurs centaines de milliers, d'après les plus zélés), les vendeurs de rêves et autres profiteurs auront de beaux jours devant eux.



(1) Des tournures discutables, une ponctuation aléatoire, etc. Qui veut le lien ?
(2) Faire passer des tests de logique à des bac+5 ou des informaticiens expérimentés : il fallait oser
(3) Que les journalistes s'obstinent à appeler « programmateurs » parce qu'ils confondent informatique et spectacle, ou informatique et machine à laver. D'ailleurs, on dit très peu « programmeur » dans le domaine en question (SAP), il faut dire « consultant technique », ce qui permet de vendre la prestation plus cher, mais sans augmenter le salaire.


De nombreux illuminés situent la fin du monde pour le 21 décembre 2012, s'appuyant sur des calculs avantageusement arrangés, prétendument basés sur un calendrier maya, et se préparent vaillamment à  survivre à l'inévitable chaos (ils ne semblent pas remarquer qu'il faut quand même avoir un égo sérieusement démesuré ou un cerveau particulièrement dérangé pour estimer qu'on mériterait de survivre à tout le monde).

Mais voilà que d'autres illuminés situent maintenant la date fatidique au 21 mai 2011, ce qui nous laisse peu de temps. Ceux-là s'appuient sur une interprétation de la bible.

Ça tomberait bien, puisque ça m'éviterait de payer le deuxième tiers provisionnel, qui tombe précisément ce jour-là, mais ça risque quand même de nous raccourcir le week-end, puisque c'est un samedi.

Comme d'habitude, il y a aura les « élus », et les autres, à croire que c'est comme en politique (1).

Cette prophétie est bien évidemment étayée par des « preuves » totalement inattaquables, à défaut d'être scientifiques : le monde a été créé il y a 13000 ans, et justement, le 21 mai 2011, c'est son anniversaire, il a décidé de faire une fête à tout casser (2).

Plus précisément : tout ne fera que commencer le 21 mai, qui marquera le début d'une période de 5 mois (3), justement décrits comme « les 5 derniers mois », pendant lesquels le « châtiment divin » frappera, non sans avoir préalablement sauvé les gentils.

Un paragraphe plus loin, il y a une irréfutable preuve mathématique : 2011 – 33 = 1978 et 1978 = 2 * 23 * 43

Si vous n'êtes pas convaincus avec ça, je sais plus quoi faire : peut-être publier un article vers le 22 ?


(1) Pour ce qui est des promesses et des prévisions fantaisistes, c'est du pareil au même.
(2) Entres autres délires ici : http://worldwide.familyradio.org/fr/
(3) Pour sourire, et à condition de ne pas être allergiques aux erreurs de traduction,fautes de frappe, et autres imbécilités  :   http://worldwide.familyradio.org/fr/literature/waat/waat_5.html#5_3

« Les chèvres du pentagone » de Jon Ronson, journaliste (the guardian) et auteur de documentaires.

Le livre commence par le portrait du Général Stubblebine (1), chef des services de renseignement de l'armée américaine, en 1983. Il pense pouvoir traverser les murs, mais se heurte régulièrement à celui de son bureau lors de ses tentatives.
Il s'essaye aussi à la lévitation, sans plus de succès, et de son propre aveu « pas moyen de décoller mon gros cul du sol ».

Le général Stubblebine supervisait, entre autres, le « labo des chèvres », où étaient (sont ?) parquées des chèvres rendues muettes pour masquer leur présence sur une base militaire, et qui étaient utilisées pour tester les pouvoirs de l'esprit : tenter de les tuer en arrêtant leur cœur par la force de la pensée.

Un expert en arts martiaux, Guy Savelli, prétend pouvoir le faire sur des hamsters par la seule force de son regard.

Le but de ces expériences, de la traversée des murs au génocide des chèvres, était de former des « supers soldats », des « guerriers jedi », comme les appelle un ancien médium des forces spéciales, Glenn Wheaton, capables entre autres prouesses de devenir invisibles.

L'homme à l'origine des ces idées loufoques à la fin des années 70 est Jim Channon (2), auteur du « manuel d'opérations du bataillon de la première terre » (3) après son expérience traumatisante au Vietnam. (4).

Son manuel proposait des méthodes issues pour la plupart du mouvement « new age » pour mener les guerres autrement que par l'emploi de la force.

A cette époque, le général Noriega, qui émargeait à la CIA (alors dirigée par un certain Georges Bush) et devenait un problème a été la cible d'attaques d'une équipe de médiums logés à Fort Meade.
Noriega était lui aussi adeptes des méthodes paranormales pour assurer sa sécurité.

A partir de 1995, un des des anciens médiums de Fort Meade, Ed James, a commencé à faire des « révélations » et autres « prédictions », plus fantaisistes les unes que les autres, dans l'émission de radio d'Art Bell.

Ces nombreuses opérations secrètes ont aussi un coût : l'administration de Georges W Bush a fait verser, en 2004, 30 milliards de dollars à un budget secret pour les financer.

Il est aussi question du projet « MK-ULTRA » lancé par la CIA dans les années 50, à grand renfort de LSD, des méthodes utilisées à Abou Ghraib (5), de Guantanamo, etc.

Mais le plus difficile est de garder à l'esprit la première phrase du livre en lisant ces délires : « ceci est une histoire vraie ».

(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Albert_Stubblebine
(2) http://en.wikipedia.org/wiki/Jim_Channon
(3) http://www.amazon.com/First-Earth-Battalion-Operations-Manual/dp/1449524559
(4) Où il a pu constater que  seuls 15 à 20% des soldats à qui on en donne l'ordre tirent pour tuer. Parmi ceux-là, 98% deviendront fous, les 2% restants étaient déjà fous. Il fit une dépression à son retour.
(5) Avec une version très différente de ce qu'avaient présenté les médias à l'époque du scandale

C'est le PDG de Total qui le dit, le prix de l'essence continuera à augmenter et atteindra « sans aucun doute » les deux euros.

L'essence à 2 euros le litre nous ramènerait à la fin des années 70, juste après le second choc pétrolier : le litre de super était à 3 francs (1), le SMIC horaire (brut) était à 13 francs, soit 4,3 litres.

En 2011, le SMIC horaire est à 9 euros, soit 4,5 litres.

Il a quelques nuances à apporter à la comparaison : les véhicules d'aujourd'hui consomment beaucoup moins, l'inflation de l'époque était autour de 11%, etc.

Ce que tout monde semble avoir oublié, c'est que dès 2006 , l'AIE (Agence Internationale de l'Énergie) nous informait que le pic de production de pétrole (2) avait été atteint, et que la production devrait commencer à chuter en 2010.

Heureusement (!), le ralentissement de l'économie qui suit la crise de 2007-2008 a permis de passer cette échéance sans trop de dégâts pour le prix du pétrole (pour le reste, c'est un peu moins vrai).

Mais voilà que partout la reprise s'amorce (ou plutôt : s'amorcerait), et que le prix du pétrole augmente : nous n'en sommes encore qu'au début.

C'est comme pour les déficits publics : chacun sait qu'il est impossible de continuer sur cette voie, mais tout le monde fait semblant de penser que ce n'est pas si grave, qu'on trouvera bien une solution, que d'autres ferons l'effort pour nous, ou qu'un miracle va survenir. Il n'y a d'ailleurs qu'à écouter les premières promesses qui arrivent pour 2012...

Ne nous inquiétons pas trop en avance : d'après certains économistes, le litre d'essence ne sera jamais à 2 euros, puisque l'euro aura disparu avant.


(2) le « peak oil »

« les stratégies absurdes » de Maya Beauvallet, économiste, maître de conférence à Telecom Paris.

Les absurdités dont il est question dans ce livre concernent les indicateurs de performance, qui sont devenus l'outil indispensable des managers en perdition, en particulier de ceux qui pensent que « parce que le travail suppose un effort, chacun y serait spontanément réticent ».

Le but de ces indicateurs chiffrés est de mettre en place des stratégies de contrôle, d'incitation, ou de sanction.

Au fil des chapitres, des domaines très divers sont passés en revue : des juges de patinage artistique au stockage des déchets nucléaires, du taux de placement des chômeurs au nombre de césariennes, etc.

De nombreux exemples viennent des USA, qui ont toujours un temps d'avance sur ce qu'il ne faut pas forcément faire, mais que nous tentons quand même d'imiter (avec une petite différence : eux arrêtent quand ça ne fonctionne pas).

Le travers de tous les indicateurs pris en exemple est le même : le plus souvent, ce qui est mesuré n'est pas la performance, mais l'indicateur lui-même.

Le propos du livre n'est pas de décourager ceux qui voudraient mesurer et améliorer les performances, mais de mettre en lumière les erreurs qu'entrainent les indicateurs mal définis.

A lire avant de signer sa feuille d'objectifs annuels, établis avec son cher manager.

La semaine dernière, suite à une demande insistante du pôle emploi (1), je me suis rendu à une « journée recrutement ».

Cette charmante journée était organisée par une SSII (2) qui se dit en manque de candidats de qualité, dûment diplômés et expérimentés (3).

L’invitation était donc réservée aux bac+4 minimum, avec une expérience significative dans l’informatique : en clair, des vieux inemployables.

Que croyez-vous qu’il arriva ?

Nous étions une bonne trentaine « d’invités » forcés, et tous avions le même profil, qui peut se résumer à : plus de 40 ans, et un regard désabusé sur le monde du travail en général, et l’informatique en particulier.

J’ai été reçu en entretien, comme il se doit par une responsable RH qui a environ la moitié de mon âge, et déborde donc de l’expérience nécessaire pour jauger un CV.

Elle a été calmée par mes prétentions salariales, qui l’ont brutalement ramenée à la réalité, lui ont rappelé que demandeur d’emploi ne signifie pas demandeur d’aumône, et peut-être lui ont appris que l’expérience a une valeur.

(1) Insistante : dont le ton indique qu’il est préférable que je m’y rende si je veux profiter de mes futures indemnités
(2) SSII : Société de Service en Ingénierie Informatique
(3) Bac +8, moins de 25 ans, 15 ans d’expérience, travaillant pour le SMIC

 Il est généralement admis que travailler est bénéfique pour la santé mentale, ce que le demandeur d'emploi que je suis ne peut que confirmer.

Une étude (1) vient cependant de démontrer qu'il y a des limites à cette affirmation : le travail en question doit être de qualité.

Un travail de mauvaise qualité est défini par « des fortes exigences, peu de contrôle sur la prise de décision, une mauvaise sécurité de l’emploi et un déséquilibre entre l’effort et la récompense », qui peut même « s’avérer plus néfaste que le chômage ».

Ces quelques points décrivent très précisément la prestation de service en général, et dans l'informatique en particulier :

- il n'y a aucune prise de décision : c'est le client qui les prend
- l'emploi est précaire : les missions sont souvent de courte durée
- la récompense de l'effort n'est qu'exceptionnellement au rendez-vous : la seule possibilité de réelle augmentation de salaire étant le changement de société.

Ce qui m'étonne le plus, c'est de ne pas être surpris par cette étude.

(1) http://www.slate.fr/lien/35623/sante-chomage-travail

Depuis quelques semaines, tout le monde se demande comment un médicament dangereux n'a pas été retiré du marché plus tôt.

D'où mon envie de demander aux autorités compétentes : mais à quoi est-ce que vous serviez ?

La fin d'année 2010 a été riche en offres promotionnelles dans le domaine automobile : il était urgent de se dépêcher de sa hâter de se précipiter en courant, la prime à la casse (1) allait disparaître, et avec elle, toutes les bonnes affaires.

Prime à la casse qui ne représentait souvent que 10% du montant des réductions proposées.

Et voilà qu'en ce début d'année, ils recommencent tous : partout des offres plus miraculeuses les unes que les autres, et cette fois sans l'aide de l'état.

Dans ces conditions, en quoi est-il utile d'afficher les « prix catalogue » des voitures, puisque personne ne les payera ce prix-là ? Pourquoi ne pas directement proposer, et à tout  le monde, un même prix non négociable, ce qui donnerait au moins l'impression de ne pas se faire gruger, quand une promotion arrive la semaine suivant un achat .

D'autre part, croient-ils vraiment que ça va durer ? (Essayer de) nous faire changer de voiture comme de chemise, sous prétexte que le dernier modèle consomme 0,1 litre de moins et possède une prise USB ?

D'autant plus ridicule que paradoxalement, sous la pression de certains constructeurs, les garanties s'allongent.

Si ces véhicules sont si fiables, pourquoi en changer si souvent ?

(1) Nos futurs impôts

Bonne année !


Manigong bagong taon !


Happy new year !


新年快乐 !